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Continuer à allaiter avec la reprise du travail? Oui c’est possible!

À moins que vous fassiez partie des 30 et quelques pour cent des femmes vous occupant de votre famille à 100% (voir les statistiques suisses très intéressantes), vous serez confrontée aux questions qui suivent: comment allaiter si je travaille? Est ce compliqué? Est ce que ça en vaut la peine??

Personnellement, dès que j’ai été enceinte, j’ai voulu allaiter, le plus longtemps possible! Surtout après avoir lu la liste des composants des laits infantiles: rien de bien ragoûtant… et je m’étais promis que si je le pouvais, je ne donnerai pas de ce lait à mon enfant (chacun son choix bien sur).

Avant d’attaquer dans le vif du sujet, voici un bref résumé de mon parcours « allaitement et travail ». J’entrerai dans les détails plus loin!

Suivant les recommandations de l’OMS, et compte tenu que la courbe de poids de ma fille n’était pas assez catastrophique pour « compléter » l’allaitement, j’ai pu poursuivre notre allaitement « exclusif » jusqu’à ses 6 mois. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai prolongé mon congé maternité par un congé sans solde jusqu’aux 6 mois de ma fille.

J’ai donc repris le travail, 3 jours par semaines, à ses 6 mois, avec un bébé qui tétait encore 5 à 6 fois par jour, et qui commençait les purées à midi. J’ai tiré mon lait au travail pour continuer à stimuler la lactation et ne pas avoir recours au lait artificiel (LA).

Pour ses 9 mois, le pédiatre nous a proposé d’introduire les petits suisses (1 par jour maximum, BBsuisse aime les petits suisses bleus de la migros, avec une Edelweiss dessus, et aucun autres!). Nous avons alors remplacé les tétés de la journée par un petit suisse les jours où je travaillais. Ce qui m’a permis d’arrêter de tirer mon lait. À ce moment, la lactation était bien en place, et la remettre au sein les jours où je ne travaillais pas suffisait pour l’entretenir. Dès lors, la conciliation allaitement et travail était un point résolu!

Nous avons terminé l’allaitement pour ses 17 mois.

J’ai été assez étonnée en fait de constater qu’en Suisse, beaucoup de mamans continuent à allaiter tout en travaillant (par rapport à ce que j’en ai vu en France). Je ne pense pas que cela vienne de la loi Suisse (pas plus sympa que la Française sur ce point là). Mais je me félicite que cela soit « aussi répandu ».

Les différents cas de figure

Suivant le moment où vous reprenez le travail, la conciliation de l’allaitement et du travail ne sera pas aussi facile. Dans mon cas, le début de la diversification et donc l’espacement des tétées a beaucoup facilité la chose, d’autant que je n’étais pas une très bonne « tireuse de lait »… Plus votre reprise au travail sera tardive, plus se sera aisé (typiquement si j’avais repris à 9 mois, je n’aurais même pas eu besoin de tirer mon lait).

Votre bébé est diversifié: C’était « presque » mon cas. Quand j’ai repris le travail, ma fille avait presque 6 mois, et tétait à 7h, 10h, 13h, 16h, 20h. Comme je n’habite pas très loin de mon travail, j’avais prévu de rentrer déjeuner à la maison, et tirer mon lait à 10h et 16h pour les tétées correspondantes (BBSuisse étant à l’époque gardée à la maison). Soit une tétée le matin avant de partir, un bib de LM (lait maternel) à 10h, tétée à 12h, bib de LM à 16h, et tétée à 20h. Voilà pour la théorie. En pratique, je n’ai pas eu vraiment de difficultés pour tirer mon lait au travail. Au début je tirais seulement 60 mL, donc peu… Mais BBsuisse lui a fait la grève du bib. Alors qu’elle l’avait déjà pris par le passé… Résultat, je tirais toujours mon lait au travail, mais elle m’attendais à midi pour la tétée, et pareil l’après-midi… Soit presque 6h sans rien manger ou boire, j’étais super stressée. Elle tétait donc 4 fois par jour (7h, 12h, 18h, 21h). En attendant, la nounou continuait à lui proposer le bib (avec environ 30 mL de lait dedans pour pas tout jeter…). Finalement, après 4 tétines différentes et 2 biberons différents, et 2 semaines d’angoisses, BBsuisse a enfin accepté le biberon. Mais le bib de 10h ne l’intéressait plus (d’autant plus qu’on avait introduit les purées à midi). J’ai quand même continué à tirer mon lait à 10h et à 16h, ce qui me permettait en 2 fois d’avoir entre 150mL et 200mL, suffisant pour son bib de 16h. On a continué comme ça jusqu’à ses 9 mois. Là on a introduit le petit suisse à 16h. J’ai donc arrêté de tire mon lait au travail, et j’ai pu poursuivre l’allaitement sans problèmes, en continuant à l’allaiter en tout cas 3 fois par jour les jours de travail (7h, 12h, 18h).

L’avantage est qu’avec la diversification, les tétées s’espacent et on n’en a plus que 3 ou 4 par jour. Ce qui du coup est facilement gérable avec le travail.

Votre bébé n’est pas encore diversifié: Je n’ai pas testé, mais des amies l’ont fait (reprise du travail à 14 semaines avec un bébé exclusivement allaité). Elles ont pu continuer l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois. Comme moi, elles rentraient à midi (à la crèche ou chez elles), ce qui garantissait 4 « vrais tétées » par jour (7h, 12h, 18h, 21h en général), et tiraient leur lait en milieu de matinée et milieu d’après-midi pour les biberons correspondants. Il faut juste ne pas stresser à l’idée qu’on arrivera pas à fournir la quantité nécessaire. ça peut être intéressant dans ce cas de tirer un peu de lait les jours de « congé » pour avoir du rab…

Réveils nocturnes: J’ai souvent lu des témoignages de reprise du travail où le bébé se remettait à téter la nuit. Chez nous c’est le contraire qui s’est passé. Lise-Marie tétait encore 1 fois par nuit quand j’ai repris. 10 jours après, elle a fait sa première nuit de 12h, et n’a plus jamais réclamé la nuit par la suite. Donc il n’y a pas forcément de relations entre les deux. Par contre il m’arrivait de lui donner le lait presque en continue pendant la soirée: en rentrant à 18h, puis à 19h et encore à 19h30…

Solution mixte: Enfin il reste possible de donner du lait artificiel pour les tétées où vous êtes absentes, et continuer avec l’allaitement quand vous êtes là. Le seul risque est une baisse de la lactation. Pour y palier, essayer d’augmenter le nombre de tétées les jours où vous ne travaillez pas.

L’allaitement et la crèche

Si votre bébé est à la crèche, aucun soucis, les crèches acceptent normalement votre lait, en général congelé (ils préfèrent apparemment). Il faudra prévoir le nombre de biberon de la journée + 1 au cas où ils aient un problème sur l’un. Le soir vous récupérez vos biberons (ou tout autre contenant de votre choix, suivant la tolérance des éducatrices).

Si la crèche n’est pas trop loin de votre lieu de travail, vous pouvez aussi envisager l’idée d’aller sur place allaiter votre enfant (à midi par exemple). Ils mettent souvent un fauteuil à disposition dans un coin tranquille pour ça.

Si votre enfant est chez une maman de jour, elle devrait aussi normalement accepter vos biberons de LM (sinon essayez de la convaincre et sortez votre plus beau sourire…).

Allaitement et temps de travail, le brouillard des textes…

En Suisse, le temps consacré à l’allaitement (et par extension au tirage du lait), compte pour plein comme temps de travail si il a lieu dans l’entreprise, pour moitié seulement si il a lieu à l’extérieur. Différents textes pourront vous éclairer:

Vous ne devez pas faire d’heures supplémentaires, et on ne peut pas vous supprimer de pauses sous prétextes que vous passez du temps à allaiter.

L’entreprise est sensée mettre à votre disposition un local approprié. Personnellement j’utilisais une salle de conférence, j’avais au minimum besoin d’une prise électrique et d’un lavabo pas trop loin pour laver mon équipement…

Si votre entreprise décide de ne pas payer vos heures d’allaitement (ils ont malheureusement le droit), ils devront donc réduire votre salaire proportionnellement au nombre d’heures d’allaitement. C’est hélas je pense le plus gros frein à la poursuite de l’allaitement sur le lieu du travail.

Comment stocker mon lait? Transporter mon lait?

L’idéal est d’avoir un frigo sur son lieu de travail. Il y en a dans beaucoup d’entreprises pour que les employés puissent y mettre leur pique nique du midi. Dans ce cas, prévoyez un sac opaque dans lequel vous mettrez votre pot de lait (ça permet de garder un peu d’intimité…). Bien sur il faut mettre le pot de lait au fond du frigo, à l’endroit le plus froid.

Ma valisette pour tirer mon lait au travail

Ici je partais le matin avec des « ice-pack » sortant du congélateur, en arrivant, ils allaient directement au frigo. Puis en repartant, je reprenais les ice-pack du frigo et le lait, directement dans ma sacoche isotherme, et hop, retour maison. En arrivant, je les laissais au frigo pour le lendemain ou alors au congélateur si le lendemain était un jour de congé. Vous pouvez profiter du retour de la période des barbecues pour faire un stock d’ice-pack. C’est pas mal d’en avoir 3 ou 4 pour qu’ils aient le temps de bien geler…

Vous trouverez des infos pertinentes sur la durée de conservation du lait chez Lacteo et sur le site de la LLL.

Pourquoi continuer à allaiter après la reprise du travail?

La première raison, c’est que si vous aimez allaiter, c’est trop dommage d’arrêter sous prétexte que vous reprenez le travail. Si l’allaitement vous pèse par contre, ça ne vous motivera peut-être pas tellement de faire amie-ami avec le tire-lait…

J’ai trouvé que pour ma fille, j’ai eu l’impression de continuer à me sentir « indispensable » pour elle alors même que comme d’autres personnes s’occupaient d’elle, je n’étais plus la seule à pouvoir le faire. En quelque sorte je gardais encore « l’exclusivité » pour les tétés-calins. Psychologiquement parlant, cela m’a vraiment aidé car j’avais l’impression d’abandonner ma fille en allant re-travailler (heureusement on perd cette impression par la suite).

Pour l’enfant, je pense que la « disparition » de sa mère la journée doit être un sacré bouleversement, et la tétée est vraiment quelque chose de rassurant pour lui, alors lui supprimer les deux en même temps, ça me parait beaucoup pour un si petit être. Même si un sevrage s’anticipe, je préfère de loin d’abord lui faire affronter « des journées sans mamans » que « des journées sans tétées ».

Enfin souvent, les bébés allaités sont moins souvent malades, et plus vite remis sur pieds que les bébés qui n’ont que du LA. Dans notre cas, BBsuisse, même après avoir commencé la crèche pour ses 11 mois (encore allaitée donc), n’est jamais tombée malade (le nez qui coule seulement). Mais bon, il paraît qu’on est pas tous si chanceux…

L’équipement de la « femme active allaitante »

Je vous conseille cet équipement de base:

  • des coussinets d’allaitement pour les montées d’émotions au travail (vous n’avez pas envie d’avoir votre joli chemisier trempé en réunion…). Ceci est valable même si vous fonctionnez en « mixte » (LA quand vous êtes absente, tétées sinon).
  • des stimulants pour la lactation (surtout si vous êtes à flux tendu et stressée à l’idée de pas tirer assez de lait), valable aussi en « mixte ».
  • des blocs réfrigérants ou ice pack pour garder votre lait au frais (au rayon accessoires pique nique / barbecue)
  • un tire lait (j’ai une préférence pour l’électrique, mais c’est selon les goûts…)
  • une salle et une chaise confortable, car pour bien produire il faut être à l’aise…
  • une photo du bébé / une vue déstressante: personnellement j’avais vu sur un parc, des arbres, des oiseaux, ça me détendait et m’aidait beaucoup.
  • des conteneurs à lait: soit des pots, des biberons, des sachets en plastiques, c’est selon vos biberons et votre tire-lait
  • un soutien gorge d’allaitement: c’est quand même plus pratique pour placer le tire-lait…
  • un gilet: je me sentais moins dénudée, T-shirt relevé et tire-lait en place, si j’avais un gilet, même si personne n’était sensé me surprendre…

Liens utiles sur l’allaitement et le travail

Autre thèmes liés à l’allaitement et le travail

Parce que je ne veux pas que mon article fasse trois pages au final et parce que ces sujets ne sont pas seulement liés à la thématique de la reprise du travail, les sujets suivants ne sont pas traités ici. J’en parlerai très certainement à l’occasion d’un prochain article:

  • Comment tirer son lait au mieux? (il y a déjà de très bonnes réponses ici)
  • Que faire si bébé refuse le biberon?
  • Comment faire apprécier l’eau à mon bébé?

Si vous voyez d’autres thèmes liés que je n’ai pas mentionnés, vous pouvez me les partager, si j’ai expérimenté je vous donnerai mon retour.

Et pour vous, avez-vous réussi à concilier travail et allaitement, ou êtes-vous directement passées à autre chose?

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