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Un congé paternité en Suisse de 5 jours? Pourquoi pas?

congé paternité en Suisse

Ces derniers jours ont vu ressurgir le débat de la « non-existence » du congé paternité en Suisse. En effet, dans la loi, actuellement, seul un jour est accordé au père pour la naissance d’un enfant, logiquement, le jour de l’accouchement (en pratique n’importe quand autour de l’accouchement).

Les différentes organisations (Travail.Suisse par exemple) et quelques politiques proposent d’allonger ce congé.

Certaines entreprises proposent déjà des congés de 5 voir 10 jours, et quelques services publics également.

Mettre en place un congé dans la loi, financé par des assurances pourrait être une bonne idée. Cependant il faut selon moi faire attention à quelques points si l’on veut que ce congé remplisse parfaitement sa mission.

Quelle est la mission d’un congé paternité?

Dans les articles de presse que j’ai lu sur le sujet, aucun n’aborde la vrai mission de ce congé paternité. Certains parlent d’aider le père à créer du lien avec son enfant, sans approfondir le sujet.

A mon sens, on peut trouver plusieurs motivations pour un tel congé.

1. soutenir la mère d’un point de vue logistique: dans nos sociétés modernes, faut-il rappeler que nos familles sont souvent loin, et nous n’avons pas toutes la chance de pouvoir avoir notre famille qui vient nous prendre le relai à la maison lorsque nous venons d’accoucher. Même en laissant le ménage à une employée, il reste qu’il faut se faire à manger, a minima à midi si le papa n’est pas à la maison, et que dans les 2 premières semaines, cela peut s’avérer un véritable parcours du combattant. Avoir donc le père disponible pour prendre le relai: courses, repas, gestion des visites, mais aussi prendre soin du bébé le temps qu’on prenne une douche ou qu’on récupère de sa nuit hachée, peut être salutaire. Exit donc les ambitions de ranger la cave, installer enfin la terrasse dont on rêve depuis 3 mois: les papas ne sont pas en vacances!!

Dans ce contexte, il me parait bien de couvrir les 2 premières semaines de vie du bébé, sachant que les 3 premiers jours sont passés en général à la maternité, et que dans cette période, la logistique est déjà gérée, 8 jours de congés (ouvrés) seraient vraiment profitables.

2. Faciliter le retour au travail de la mère. Nous savons tous que les plus grandes difficultés pour les femmes sont la reprise du travail après le congé maternité à cause des difficultés à trouver un mode de garde. Malheureusement se sont souvent elles qui en font les frais, l’homme ne remettant que très rarement en question son « droit à aller travailler », quand bien même un enfant se fait à deux et que donc a priori, si il n’y a pas de solution de garde, je ne vois pas pourquoi se serait toujours à la mère de trinquer… Un congé paternité pourrait intelligemment être utilisé mis au bout du congé maternité, pour par exemple soit gérer la période d’adaptation en crèche, soit simplement garder l’enfant quelques temps supplémentaires en attendant d’avoir une place.

Dans ce contexte, la période serait évidemment beaucoup plus longue à couvrir. Mais on pourrait imaginer faciliter l’accès à des congés sans soldes pour les papas, et par exemple assouplir l’octroi de l’allocation cantonale de maternité pour qu’elle s’applique également aux cas où ce sont les pères qui prennent un congé et non les mères.

3. Diminuer la discrimination homme / femme dans le monde du travail: Il est avéré que les femmes sont presque systématiquement mises de coté par rapport aux hommes tout simplement parce qu’elles risquent d’avoir des enfants et de « laisser tomber l’entreprise on ne sait combien de temps ». Alors qu’un homme est fiable, ne fait pas de bébé… Soit disant un congé maternité est plus contraignant pour une entreprise qu’un service militaire. Je suis tout à fait en désaccord avec cette vision des choses mais malheureusement dans notre société, il faudra encore attendre longtemps pour que les choses changent.

Dans ce contexte, obliger les entreprises à donner un congé paternité aussi aux pères, permet de diminuer un minimum l’écart homme / femme. Bien sur un congé de 2 semaines par rapport à un congé de 14 semaines ce n’est pas grand chose, mais c’est déjà un début.

4. Créer du lien père – bébé: Bien sûr si le père est plus présent il s’attachera plus vite à son enfant, et sera aussi peut être mieux conscient de la lourde charge de travail qu’implique la naissance d’un bébé. Néanmoins, de toutes les expériences que j’ai vu, au travers des parents que j’ai accompagné, le meilleur moyen de créer du lien avec l’enfant est de favoriser des moments en duo père – bebe en l’absence de la mère. Ceci est réalisable mais au compte goutte sur les premières semaines. Je recommande toujours aux parents que je coache d’organiser à la fin du premier mois une sortie « fille » pour la maman (ciné, resto ou autre avec des copines), où le père restera deux à trois heures seul avec le bébé (et un biberon de lait maternel – ou artificiel – en stock). Cette étape marque en général un tournant dans la relation père – bébé, et surtout une prise de confiance du père dans ses capacités à s’occuper seul de son bébé.

Dans ce contexte, un congé paternité n’apporte rien.

Comment optimiser son congé paternité – surtout si on n’en a pas?

Si vous n’avez pas ou peu de congé paternité, voici les pistes à explorer:

  • Si votre femme accouche en maternité, prenez congé pour l’accouchement, mais retournez travailler tant qu’elle reste à la maternité. Bien sur passez la voir tous les soirs en sortant du travail, mais votre présence la journée n’est pas indispensable. Les journées à l’hôpital sont bien remplies, et on tourne vite en rond dans une chambre.
  • Convenez avec votre employeur de prendre congé sur des demi journées. Si votre employeur est d’accord, et si vous avez des temps de trajet relativement courts, travaillez le matin, et rentrez à la maison l’après midi. Il vaut mieux faire deux semaines à ce rythme que de n’avoir qu’une semaine plein temps à la maison.
  • Si vous pouvez avoir plus de 5 jours, répartissez les entre la période juste après la naissance (typiquement 4 jours consommés par demi-journées les 10 jours après le retour à la maison de la maman), et 5 jours à la fin du congé maternité, pour gérer par exemple la période d’adaptation à la crèche, ou être plus disponible pour la première semaine de travail de la maman.

Et vous, comment avez-vous géré le congé paternité?

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Passionnée par tous les aspects entourant la maternité, et ravie de pouvoir partager mon expérience, je vous propose mes services de Baby Planner et Consultante en Maternité. Découvrez mon !
2 commentaires
  1. Pour mon petit second (né en juillet), le papa a prit 3 semaines de vacances suite à l’accouchement.
    Comme l’accouchement est arrivé plus tôt que prévu, deux de mes tantes sont venues chez nous pour nous aider pendant ce passage entre l’accouchement et les vacances de mon maris. Ces longues vacances ont été salutaires pour moi, avec le papa a côté, qui m’a énormément soutenu et aidé !
    Pour mon petit troisième qui naitra au mois d’octobre, je suis déjà inquiète : là, pas de vacances, et comme j’accoucherais sans doute en maison de naissance, retours à la maison immédiat, donc je devrais sans doute être opérationnelle très rapidement.
    merci pour cet article !

    mai 29, 2015
  2. Bénédicte #

    Merci. C’est très pro!

    mai 29, 2015

Les commentaires sont fermés.