Allaitement sevrage : témoignage

Allaitement sevrage : témoignage

Voilà comme promis la suite de l’allaitement de BbSuisse. J’ai au final allaité 17 mois, ce que je n’aurais pas cru si on me l’avait dit… Je m’étais fixé les 6 mois de l’OMS en pensant que pour le retour du travail je commencerai à donner du Lait Artificiel (LA). Puis le retour au travail est arrivé juste avant les six mois, donc j’ai continué un petit peu. Et de fil en aiguille, je me suis retrouvée à allaiter 17 mois!

C’est de cette seconde partie de mon allaitement dont je vais vous parler aujourd’hui.

Contrairement à l’autre article, pas de photos ici pour illustrer! Je n’en n’ai pas trouvé!

La reprise du travail

Quand j’ai repris le travail, BbSuisse avait 5 mois et 3 semaines, et tétait à 7h, 10h, 13h, 16h, 20h. Je parle beaucoup de ma reprise dans l’article sur le sujet.

Je pensais initialement soit sevrer mon enfant à ce moment, soit donner du LA en mon absence. Cependant les points suivants m’ont fait doucement changer d’avis:

  • le coût du LA: on en parle rarement mais c’est quand même 30chf la boite. Alors que mon lait est gratuit…
  • le goût du LA: je ne pouvais pas me résigner à donner quelque chose qui a toujours le même goût à mon enfant. Vous imaginez manger 4 fois par jour la même chose, juste agrémenté d’un peu de légumes ou de fruits?? À la rigueur juste pour remplacer les tétées où je suis absente mais pas pour tous les jours…
  • la composition des LA: vous avez lu les étiquettes de composition?
  • le risque de voir ma lactation diminuer si je pratiquais un allaitement mixte
  • la réalisation que l’allaitement se passait très bien
  • la possibilité de tirer mon lait au travail et de rentrer à la maison pour l’heure du déjeuner
  • la proximité entre mon lieu de travail et la maison

J’ai donc embarqué mon tire-lait au travail, remplacé les pauses du matin et de l’après-midi par des séances « maman laitière », et couru chaque midi pour rentrer allaiter mon bébé. Je ne dis pas que ça a été de tout repos, mais j’y croyais et c’était ça le plus important.

Finalement le rythme des tétés a été un peu chamboulé, elle tétait avant mon départ au travail, puis zappait celle de 10h pour attendre mon retour à 12h, avait un bib de lait tiré à 16h, tétait à mon retour à 18h, puis avant de se coucher à 20h. Les jours où je ne travaillait pas, le rythme ressemblait plus au rythme d’origine (7h, 10h, 12h, 16h, 20h).

J’ai surtout adoré en fait la tété-calin chaque soir à mon retour du travail, une pause « obligée » qui me permettait à moi aussi de recharger les batteries…

La diversification

On a commencé la diversification juste après ma reprise du boulot, pour ses 6 mois. Elle a tout de suite été très fan des purées. On faisait purée de légumes (patate-carotte, patate-haricots, patate-fenouil… avec juste un peu d’huile de colza bio). Elle prenait la purée avant la tétée, je devais donc la débarbouiller avant de la passer au sein sinon mon tee-shirt lui servait de serviette. Mais elle aimait tellement les purées qu’il était impossible de la faire téter avant. J’avais souvent lu qu’il valait mieux faire tété-purée que le contraire si on souhaitait maintenir sa lactation. Bien que j’ai fait le contraire, ma lactation n’a pas été affectée.

Pour ses 7 mois on a introduit en plus les purées de fruits à 4h, là aussi, avant la tétée.

À 8 mois sa première dent est apparue et on a commencé la viande. Elle mange tout ce qu’on lui propose et l’allaitement malgré les dents se passe sans soucis.

La diminution du nombre de tétées

Le cap des 8~9 mois a été un peu pénible car la curiosité du bébé est exacerbé. Les tétées dans un endroit nouveau ou avec de l’activité autour sont donc difficiles. J’ai franchi le cap en m’isolant pour l’allaiter pendant cette période, ce qui n’est pas forcément agréable ni pratique. Mais je pense que ce peut être une bonne période pour sevrer si on veut le faire avant les 1 ans.

Dans notre cas, c’est à ce moment là qu’on a vraiment commencé à supprimer quelques tétées.

La pédiatre ayant donné le feu vert pour les petits-suisse à 9 mois, c’est le lait de 4h qu’on a commencé à supprimer. Au début on a fait un jour sur 2, puis tous les jours. Il a fallu un peu de temps pour trouver LE petit suisse qui lui convenait, mais finalement ça a bien été. J’ai gardé la flexibilité de pouvoir donner le sein si par hasard le goûter avait lieu en extérieur, ce qui m’évitait d’avoir à emmener le petit suisse, la cuillère et le bavoir…

J’ai donc pu arrêter de tirer mon lait au travail car la tétée de 16h n’était plus indispensable.

C’est à 11 mois qu’on a supprimé la tétée du midi. Les repas étant de plus en plus copieux, le lait n’était plus qu’un « dessert ». On a donc introduit de l’eau à la place. le plus difficile a été de lui faire perdre l’habitude de tétouiller en digérant… J’ai du coup avancé l’heure de la sieste pour la mettre directement après le repas, et je finissais le repas en l’emmenant directement se laver les mains puis changer la couche. Du coup, la routine a changé et elle n’a pas réclamé le sein… Il faut ruser…

Finalement une nouvelle routine s’est mise en place: le matin et après le travail quand je travaille + avant d’aller se coucher, matin et soir + éventuellement à 16h quand je suis à la maison.

Cette routine aurait pu encore durer de long mois car la lactation était stable, et il n’y avait plus de contraintes pour moi: l’allaitement après 1 an est vraiment tout autre chose. Ce n’est pas éreintant, ce n’est pas compliqué, on n’a pas des montées de lait, on n’a plus de fuites si on en avait avant, on n’a plus à faire attention à son alimentation (fini les coliques et compagnie, mais bon, gaffe à l’alcool et les médicaments quand même), on n’a plus à tirer son lait la journée… Enfin c’est vraiment un bonus, et pas du tout une contrainte. Et les mois d’allaitement passé 1 an passent soudain à une vitesse éclair!

La décision du sevrage

C’est vers 15 mois que nous avons pris la décision de progressivement sevrer BbSuisse. Plusieurs facteurs m’ont motivée:

  • on a commencé à cet age à la confier pour des week-ends à Belle-Maman. Sur place elle buvait donc du lait de vache, donc pas de soucis. Par contre moi je luttais dès le samedi soir, obligée de tirer mon lait car passées 24h, mes seins demandaient à être vidées. Encore raisonnable si on restait à la maison, mais pour partir en amoureux, pas vraiment pratique…
  • on a planifié 2 semaines de vacances en amoureux pour ses 19 mois, et il était impensable que j’emmène mon tire lait et que je stresse pendant toutes les vacances (à l’étranger) à l’idée de faire un engorgement.

Il fallait donc que l’allaitement s’arrête avant cet objectif de vacances.

Le sevrage

Il restait principalement 3 tétées quand nous avons décidé de la sevrer: le matin, au retour du travail et le soir.

On a commencé par celle du retour du travail. A 15 mois donc, elle a été remplacée par un verre de lait froid bu à la paille. L’idée est venue car quand je rentre du travail, j’aime bien me poser 5 minutes, boire un jus de fruit ou un verre de lait et grignoter quelque chose. Un jour elle a voulu goûter dans mon verre et a beaucoup aimé. Du coup à mon retour, quand elle signait « téter », je disais « on va plutôt boire du lait? », et ça lui a tout de suite plu. En une petite semaine, elle a perdu l’habitude de réclamer le sein à mon retour du travail.

1 mois plus tard, nous avons introduit le lait de vache le soir avant d’aller se coucher, au lieu de la tétée. Elle prenais environ 180 mL au début puis elle a progressivement augmenté les quantités pour atteindre les 250 mL. Elle a tout de suite accepté ce biberon à la place de la tété. On l’a donné au même endroit que la tété, et on en a fait un moment de câlin.

Un peu avant ses 17 mois, on s’est attaqués à la dernière tétée, celle du matin. Il faut dire que le nombre de tétée par jour diminuant, ma lactation avait fortement baissé et elle n’avait plus grand chose à boire le matin, la transition s’est donc très bien passée. Jusqu’alors, BbSuisse au réveil ne voulait rien entendre tant qu’elle n’avait pas tété. On a introduit le biberon de lait en le lui proposant après qu’elle aie tété 5 minutes et que je sente que mon lait vienne plus difficilement. Elle était toute contente d’avoir une seconde ration de lait… Après 5 jours, elle s’est mise à signer « lait » au lieu de « téter » au réveil… Et voilà, la transition était faite. Pendant quelques temps, elle a donc bu le lait, puis au cours du biberon, réclamé le sein, têté un peu, et retournée au bib. Cela a permis à mes seins de réduire progressivement leur production et d’éviter ainsi les engorgements. Après 2 semaines, elle n’a plus demandé à téter du tout, ce fut donc vraiment la fin!

Je n’ai pris aucun médicament pour couper le lait, et je n’ai pas eu d’engorgement, pas eu à tirer mon lait ni rien, tout s’est fait en douceur, j’ai beaucoup apprécié cette fin heureuse.

Depuis elle demande parfois à téter, quand elle me voit seins nus, ou simplement quand elle a un coup de pompe. Je lui explique que les tétés font dodo ou que ce n’est pas l’heure, lui propose un verre d’eau, et elle « me laisse tranquille ». Je trouve chou qu’elle n’ait pas oublié qu’avant elle tétait…

Une vision de l’allaitement qui évolue au fil du temps

Ce qui m’a le plus marqué c’est le changement dans ma façon de penser l’allaitement. En effet, les quatre premiers mois, j’avais un allaitement « stressé »: « il faut que j’y arrive », « et si j’ai pas assez de lait », « et si elle préfère la facilité du biberon et refuse de téter », « et si elle ne prends pas assez de poids? ». Autant d’inconnues qui me stressaient donc passablement car je voulais à tout prix tenir ces fameux 6 mois.

Puis j’ai voulu tenir 12 mois pour pouvoir faire directement la transition lait maternel –> lait de vache. Le stress d’y arriver était toujours là mais moins pesant, puisque je me disais que j’avais fait « au moins tout ça déjà ». Puis la diversification avançait de plus en plus, le lait devenait donc un peu moins primordial.

Mais c’est passé un an que tout a vraiment changé. Le lait de vache pouvait être donné sans soucis. Bébé peut manger comme nous donc si il a 2 fois par jour un lait qui a le même goût pourquoi pas. La lactation est bien installée donc il n’y a plus de stress que ça ne marche pas.

Finalement, au lieu de penser comme avant « comment faire pour que ça continue et que ça marche bien? » on se retrouve à se demander « mais comment faire pour arrêter?? »! J’ai pas mal angoissé à l’idée d’avoir des engorgements à l’arrêt, raison pour laquelle la suppression des tétées a été très lente.

J’ai encore plus apprécié de donner le sein à un bébé plus grand (après 1 an) qu’à un nouveau né. Le nouveau né est focalisé sur le sein et le lait, il est dans son monde en train de téter. En grandissant, et surtout après avoir introduit d’autres forme de nourriture, le bébé prend conscience que la tétée n’est pas seulement nutritive mais aussi l’occasion de faire un câlin. Elle triture une mèche de mes cheveux, s’arrête pour baragouiner deux syllabes, cela devient un vrai moment d’échange. Bon sur un bébé encore plus grand je pense que ça me dérangerait, mais à moins de 18 mois, je trouve que c’est vraiment chou.

Mon espoir maintenant: re-vivre un aussi bel allaitement avec un second bébé, même si je suis persuadée que cela sera bien différent, simplement par le fait qu’il y aura un autre enfant devant à gérer et que les tétées ne seront plus forcément synonymes de moment de calme…

 

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